• Exposition « aux tableaux »
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    Exposition « aux tableaux »

    Fermée en 2012, l’ancienne école Saint Thomas d’Aquin s’est muée en éphémère lieu d’exposition. Une quarantaine d’artistes ont investi les classes, les cours et les préaux, créant un parcours dans et sur l’école.

    Avis aux distraits et/ou retardataires : il ne reste que quelques jours pour visiter ce qui s’impose incontestablement comme l’exposition de l’année ‘a Marseille ! Initié par Karine Terlizzi et Charlotte Pelouse (de l’association Iuxtapoz) qui ont confié la direction artistique à Alexandre d’Alessio (du collectif 9e concept), le projet remonte à deux ans. « C’est à la suite de l’exposition d ’une centaine de street-artistes dans la Tour Paris 13, appelée à être détruite à la fin de l’année 2013, que l’on s’est dit que ce serait intéressant de créer un lieu dexposition éphémère à Marseille », raconte Karine Terlizzi. À Fépoque, elle n’imaginait cependant pas investir cette honorable institution dominicaine de 4500 m3, construite au XVIIIe siècle, dont la bastide est désormais classée monument historique.
    Chacun des artistes invités en résidence entre février et mai derniers, pour quelques jours ou plusieurs semaines, a reçu pour seule directive de donner une représentation personnelle de l’école dans un espace attribué (mur, cage d’escalier, salle, préau. . .). S’accordant à nos propres parcours d’enfant, le cheminement reste fidèle à la chronologie scolaire, de la maternelle au lycée. Dans les premières salles, on peut ainsi voir la fresque enjouée, colorée et en aplat de GoddoG, ou l’installation L’heure de la sieste de l’illustratrice Olivia de Bona, adepte de l’ambiance douce-amère des contes de fées, où des enfants—oiseaux sont endormis dans la pénombre.
    Les œuvres se font ainsi plus funèbres ou provocantes à mesure que l’on progresse, telle la salle des Suzzies, skateuses et artistes locales qui mettent en scène des religieux peu orthodoxes, ou torturées telles les angoissantes créatures fantastiques de Matthieu Dagorn, qui occupe la cage d’escalier avec son Conseil de discipline.

    Le cadre scolaire, fécond en souvenirs, a visiblement autant inspiré les artistes qu’il éveille en nous de sentiments contradictoires. Expression de fantasmes (la sexualité, la rébellion) ou de dénonciation (la discipline, l’ennui), apologie de la liberté créative ou hommage mélancolique à l’enfance…, la variété des approches et des techniques employées (collage, pochoir, gravure, photographie, installation, crayons, bombes, pinceaux…) participe de la diversité des émotions ressenties. La dynamique de l’ensemble offre une synergie permanente entre nostalgie et transgression. Enfin, rares sont les expositions aussi vivantes. On
    s’y rend en famille, entre amis de tous âges, on prend des photos, les enfants courent d’une pièce à l’autre, explorant ce labyrinthe scolaire, les cours de récréation sont investies parleurs jeux et leurs cris, les parents plongés dans les œuvres ne les réprimandent pas. Et c’est peut-être là la plus grande réussite de ce projet hors—norme. Avec un agenda de manifestations diverses et nombreuses depuis son ouverture (concert, théâtre, danse, performance…), plus qu’une simple exposition, l’équipe organisatrice a su créer un lieu de vie accessible (un billet d’entrée — permanente — à 2€), où l’on ressent cette envie de venir flâner, lire, manger un morceau (buvette et restauration de qualité sur place). Une
    école pour faire l’école buissonnière.

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