• hommage au père de l’abstraction lyrique
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    hommage au père de l’abstraction lyrique

    À Aubagne, une exposition en forme de diptyque rend hommage au père de l’abstraction lyrique. Au musée de la Légion étrangère et dans l’ancienne chapelle des Pénitents noirs, Beau geste, Hans Hartung peintre et légionnaire propose une approche convaincante de l’oeuvre de Hans Hartung.

    Près de cinquante ans séparent cette petite gouache sans titre de cette grande toile intitulée T1989 – K26, mais aussi les deux portraits photographiques affichés en guise d’introduction, au musée de la Légion étrangère et au centre d’art des Pénitents noirs. Sur le premier, daté de 1940, Hans Hartung – rebaptisé Jean Gauthier – pose en uniforme de légionnaire, cigarette au bec, à Sidi-Bel-Abbès. Il a fière allure, tel Cary Cooper, dans Beau Geste, tourné l’année précédente.

    La seconde photographie montre un vieil homme de dos, assis sur un fauteuil roulant, en train de pulvériser de la peinture sur une grande toile. Le premier a peint le visage inquiet et inquiétant, le second le jaillissement de couleur quasi épiphanique. Fabrice Hergott, directeur du musée d’Art moderne de la ville de Paris et commissaire de cette double exposition, a pris un parti original. À une traditionnelle monographie, il a préféré deux gros plans sur des périodes décisives dans la vie et l’oeuvre de l’artiste.


    Le musée de la Légion étrangère présente ainsi une quarantaine d’oeuvres réalisées entre 1939 et 1945, période pendant laquelle Hartung s’engage à deux reprises dans la légion, moins par désir que par nécessité. De nationalité allemande, il a fui le nazisme en 1935 pour se réfugier en France. À la veille de la guerre, après s’être fait confisquer son passeport, la Légion lui apparaît comme la seule issue. Durant son séjour en Algérie, dans des conditions médiocres, mais loin du front, l’artiste a la possibilité de créer : des petits formats, parfois sur du papier de récupération. C’est la période où il peint les Têtes qui rappellent le Picasso de Guernica (1937).

    Une exception dans l’oeuvre déjà abstraite de l’artiste, comme le montrent les dessins de 1939, puis les encres des années 1941-1945. Selon Fabrice Hergott, « Les principes posés dès l’époque de la Légion ont guidé une grande partie de l’abstraction dite lyrique de l’après-guerre. » Le deuxième séjour de Hans Hartung à la Légion est très différent du premier : brancardier sur le front, il est gravement blessé à Belfort le 20 novembre 1944 et se fait amputer de la jambe droite. À quarante ans, la vie du peintre bascule. « En venant combattre en France en 1944, Hartung était convaincu qu’il allait mourir. Je crois que l’oeuvre de cette époque portait déjà la dimension testamentaire qu’ont ses dernières toiles…, explique Fabrice Hergott, son art est bout en bout un art de la libération : libération physique, psychologique et mentale, libération de la couleur et du dessin ». En témoignent magistralement les 17 acryliques peintes, à la veille de la mort du peintre, entre le 11 et le 16 juillet 1989. Accrochées dans le cadre immaculé du Centre d’art les Pénitents noirs, ces immenses toiles, travaillées au moyen d’une sulfateuse, se passent de commentaire et invitent à la contemplation : « Observer l’une de ses toiles, c’est se laisser aller aux sensations, se faire happer par le plaisir de la couleur et de la forme, une impression diffuse de grande énergie, mais aussi de contrôle de soi », conclut Fabrice Hergott.

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