• VAN GOGH, LA PROVENCE ET LE JAPON
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    VAN GOGH, LA PROVENCE ET LE JAPON

    Troisième rétrospective consacrée à Van Gogh par la fondation arlésienne éponyme, Van Gogh en Provence : la tradition modernisée s’attache à suivre, en 31 toiles, l’extraordinaire évolution de son art durant les sept dernières années de sa vie.

    Van Gogh en Provence : la tradition modernisée. Avec un titre pareil, la fondation arlésienne a toutes les chances de pulvériser ses records de fréquentation cet été ! La promesse est de taille quand on sait à quel point le séjour de Van Gogh à Arles, puis à Saint-Rémy de Provence, a été prolifique et décisif. En route pour le Midi, sur les conseils de Toulouse-Lautrec, Van Gogh projette d’abord de voyager sur les traces de Monticelli à Marseille. Il s’arrête à Arles le 20 février 1888 et découvre la ville sous une épaisse couche de neige. « Ici, les arbres dans la neige avec les cimes blanches et un ciel aussi lumineux que la glace étaient comme ces paysages d’hiver qu’ont faits les Japonais », écrit-il à son frère Théo. Émerveillé par la région, convaincu d’y avoir trouvé « son Japon », il s’y installe et arpente la nature environnante équipé de son chevalet. Au fil des saisons et de ses excursions, à l’abbaye de Montmajour ou aux Saintes-Maries pour voir la Méditerranée, son enthousiasme devient tel qu’il rêve de fonder une colonie d’artistes : « l’Atelier du Midi ». On connaît la suite : Gauguin vient le rejoindre et lui ouvre de nouveaux horizons plastiques. Mais, rapidement, les hommes se disputent et le projet avorte. Abandonné par Gauguin, rejeté par ses voisins qui signent une pétition pour demander son internement, Van Gogh est admis en mai 1889, dans le pavillon des hommes de Saint-Paul de Mausole, l’asile de Saint-Rémy de Provence. Il y passera un an, avant de rejoindre sa dernière demeure, à Auvers-sur-Oise. Cette période que l’on qualifie généralement de « provençale » ou « arlésienne », douloureuse sur le plan psychique, est aussi la plus fertile de sa carrière. Les historiens de l’art estiment que, durant ces 444 jours, il a produit plus de 300 tableaux et environ 200 dessins.


    Sur les 31 toiles exposées cet été à Arles, prêtées par les musées Van Gogh à Amsterdam et Kröller-Müller à Otterlo, 13 seulement ont été peintes dans la région. Les autres sont nées à Nuenen, Paris, où Auvers-sur-Oise. On est certes loin du compte et il ne faut pas s’attendre à voir la célèbre Nuit étoilée ni une version de la chambre du peintre ou encore La Maison jaune. En revanche, le choix d’un accrochage thématique, axé autour des trois grands genres picturaux chers à Van Gogh – le portrait, la nature morte et le paysage –, a le mérite de mettre en valeur la révolution qui se produit dans la palette et la touche du peintre à partir de 1888. Ivre de lumière et de soleil, il atteint ce qu’il nommera ensuite la « haute note jaune », privilégiant les couleurs pures. Sjraar van Heugtenn, le commissaire de l’exposition, a procédé par juxtapositions, confrontant des portraits ou autoportraits de périodes différentes, depuis la sombre période hollandaise jusqu’à la quasi-abstraction des dernières toiles. Il entend montrer comment Van Gogh, tout en restant fidèle à ses maîtres (Rembrandt, Delacroix, Millet…) et à des sujets traditionnels, se métamorphose au contact des impressionnistes parisiens puis en découvrant les estampes japonaises et la lumière provençale. Car, comme le rappelle Sjraar van Heugtenn, « Van Gogh est venu en Provence à la recherche du Japon et de l’atmosphère japonaise ».

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