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    Echo système

    À cinquante ans, Gilles Barbier est la preuve vivante que l’on peut à la fois vivre à Marseille et jouer en première division — sur le terrain de l’art contemporain.

    S’il avoue prendre souvent le TGV, l’artiste est fidèle à la ville où il s’est installé, après avoir grandi au Vanuatu, pour étudier aux Beaux-arts de Luminy : « Je suis resté à Marseille par commodité. En sortant de l ’école, j’y ai tout de suite trouvé un job et un atelier pour 150 francs par mois… » Au début des fastes années 90, il a emménagé à la Friche et a largement contribué au dynamisme de la scène artistique locale, en participant à la fondation d’Astérides.
    Aujourd’hui installé dans l’un des nouveaux espaces créés en 2012 dans les Magasins, « plus vastes et pratiques », il s’est désengage de l’association et voit d’un œil plutôt positif « la professionnalisation » de la Friche. Alors que ses œuvres, exposées dans le monde entier, sont entrées dans les plus grandes collections, il présente à la Tour et au Panorama, sa première exposition marseillaise depuis 2001 : un parcours thématique dans vingt-cinq années de création.

    « Plus que d’une rétrospective, je préfère parler d’introspective ». Pour Gaël Charbau, le commissaire de l’exposition, la partie n’a pas été facile. Comment rendre compte d’une œuvre aussi complexe, multipliant les médiums et les références, reposant sur le principe du «Jeu de la vie », un objet mathématique théorisé par le Britannique John Horton Conway dans les années 70 ? Renonçant à toute logique ou chronologie, l’exposition privilégie, à travers plus de 140 œuvres, des séries emblématiques de cette production. Où l’on retrouve quelques-uns des principaux a énoncés » ou «règles du jeu » élaborés par l’artiste depuis 1992 et leur traduction plastique, en dessin ou peinture, au moyen de clones ou objets en résine plus vrais que nature. Qu’il s’agisse d’« habiter la peinture », de « travailler le dimanche » en recopiant le dictionnaire, de se « planquer dans l’atelier x», de lancer le Dice man (l’homme-dé) ou de jouer au Cheker (une variante du jeu de dames), Gilles Barbier prend les mots à la lettre et invente des histoires où l’absurde le dispute au tragique.

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